Combien coûte le kWh d’électricité pour votre logement ?

Le tarif réglementé s’établit à 0,1940 euro le kWh en option de base, et à 0,2065 en heures pleines contre 0,1579 en heures creuses, selon la grille CRE du 1er février 2026. L’abonnement d’un compteur 6 kVA coûte 188,24 euros par an.

Ce tarif ne dit rien tant qu’on ne l’a pas converti en budget : d’un appartement au gaz à une maison tout électrique, l’écart va de 696 à 2 832 euros par an.

Vous cherchez le prix du kWh et vous tombez sur trois chiffres différents selon le site. C’est normal, ils ne parlent pas de la même chose.

On a repris la grille officielle publiée par la Commission de régulation de l’énergie, puis on l’a convertie en budget annuel par type de logement. Avec, à la fin, la question que les comparateurs ne posent jamais : qui paie quoi entre le bailleur et le locataire.

Prix du kWh d'électricité pour un logement
Sommaire

Quel est le prix du kWh au tarif réglementé ?

0,1940 euro le kWh en option de base pour un compteur jusqu’à 6 kVA. C’est le prix du kWh EDF au tarif réglementé, et voici la grille complète telle que la publie la CRE :

Option et puissanceAbonnement annuelPrix du kWh
Base, 3 kVA144,52 euros0,1940
Base, 6 kVA188,24 euros0,1940
Base, 9 kVA235,92 euros0,1927
Heures creuses, 6 kVA188,24 euros0,2065 pleines / 0,1579 creuses
Heures creuses, 9 kVA235,92 euros0,2065 pleines / 0,1579 creuses
Grille TTC du tarif réglementé de vente, mouvement du 1er février 2026, France métropolitaine continentale. Source : CRE.

Une précision s’impose sur le nom. On parle couramment du prix du kWh EDF, ou du prix du kWh EDF au tarif bleu, parce qu’EDF est le fournisseur historique et que le Tarif Bleu est le nom commercial du tarif réglementé. Le barème, lui, n’est pas fixé par EDF mais par les pouvoirs publics.

Ce prix du kWh EDF n’est pas un tarif de vente au sens commercial. Il agrège le coût de production, l’acheminement par le réseau, les taxes et la commercialisation, chaque poste étant recalculé à chaque révision.

La fiscalité en représente une part visible. L’accise sur l’électricité s’établit à 30,85 euros par MWh pour les particuliers depuis le 1er février 2026, soit un peu plus de 3 centimes sur chaque kilowattheure facturé.

Tarif réglementé de vente : le barème public de l’électricité, fixé par les pouvoirs publics sur proposition de la CRE et révisé au moins deux fois par an. C’est le seul tarif encadré, et il sert de référence à tous les autres.

Voilà pourquoi vous croisez trois chiffres différents. Trois natures de prix circulent sous le même nom, et les confondre est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet :

  • Le tarif réglementé, celui de cette page. Un barème public, révisé à date connue.
  • Une offre de marché, qui est le tarif commercial d’un fournisseur. Il peut être au-dessus comme en dessous.
  • Une moyenne nationale, qui mélange les deux et ne correspond au contrat de personne.

Le réflexe qui évite l’erreur tient en une ligne : regardez votre facture, pas un site. Le prix du kWh EDF qui vous concerne y figure noir sur blanc, avec votre option et votre puissance souscrite.

Combien l’électricité coûte-t-elle par an dans un logement ?

De 696 à 2 832 euros par an, et le facteur qui décide n’est pas la surface. C’est le mode de chauffage. Appliqué à des cas types publiés par la CRE, le prix du kWh EDF donne les budgets suivants :

LogementUsages électriquesConsommationBudget annuel
Maison, 4 personnesTout électrique14 000 kWh2 832 euros
Maison, 4 personnesChauffage seul11 900 kWh2 448 euros
Maison, 4 personnesNi chauffage ni eau chaude3 200 kWh804 euros
Appartement, 2 personnesTout électrique8 000 kWh1 668 euros
Appartement, 2 personnesChauffage seul6 400 kWh1 368 euros
Appartement, 2 personnesNi chauffage ni eau chaude2 600 kWh696 euros
Cas types publiés par la CRE avec la grille du 1er février 2026, factures mensuelles converties en budget annuel. Votre consommation réelle dépend de l’isolation et de vos habitudes.

Trois postes font l’essentiel de ces écarts, et la surface n’en fait pas partie. Le chauffage d’abord, l’eau chaude sanitaire ensuite, la cuisson enfin : tout le reste, éclairage et appareils compris, pèse peu à côté.

C’est pour cela qu’un studio tout électrique mal isolé peut coûter plus cher qu’un grand appartement chauffé au gaz. La question n’est jamais combien de mètres carrés, mais quels usages passent par le compteur.

L’abonnement mérite aussi votre attention, parce qu’il ne dépend pas du tout de ce que vous consommez. Sur le petit appartement de la dernière ligne, ses 188,24 euros représentent 27 % de la facture annuelle : vous les payez même en partant trois mois.

Le chiffre à retenir tient dans l’écart entre deux lignes. La même maison passe de 804 à 2 832 euros par an selon que le chauffage est au gaz ou à l’électricité, soit 2 028 euros de différence.

Le calcul : un appartement de deux personnes, tout électrique, consomme 8 000 kWh par an en heures creuses. Comptez 188,24 euros d’abonnement, plus la consommation répartie entre heures pleines et heures creuses. Total : 1 668 euros par an, soit 139 euros par mois. L’abonnement pèse à lui seul 11 % de la facture.

Quand le chauffage pèse ce poids dans la facture, l’isolation se rentabilise plus vite qu’on ne croit, et MaPrimeRénov en finance une partie.

Heures creuses ou option de base, qu’est-ce qui coûte le moins cher ?

Ça dépend d’un seul chiffre, et personne ne vous le donne. Contrairement à une idée répandue, l’abonnement est identique dans les deux options à 6 kVA, 188,24 euros par an. Le piège du prix du kWh EDF est ailleurs.

Le prix du kWh EDF en heure creuse vous fait gagner 0,0486 euro sur chaque kilowattheure déplacé la nuit, soit 23,5 % moins cher. Mais vous payez en échange vos heures pleines plus cher que le tarif de base : 0,2065 contre 0,1940.

D’où le seuil de bascule, que voici calculé sur la grille en vigueur. Il faut déplacer au moins 26 % de votre consommation en heures creuses pour que l’option devienne gagnante.

Part consommée en heures creusesÉcart annuel contre l’option de base
20 %22 euros de plus
26 %Équilibre
30 %17 euros de moins
40 %56 euros de moins
Calculs sur 8 000 kWh par an, compteur 6 kVA, grille du 1er février 2026.

En pratique, l’option ne paie que si le logement a de gros usages décalables la nuit : un chauffe-eau électrique, un chauffage à accumulation, une voiture à recharger. Sans eux, vous ne dépasserez jamais les 26 %.

Un détail change tout et surprend beaucoup de nouveaux abonnés. Vous ne choisissez pas vos heures creuses : elles sont fixées par le gestionnaire de réseau selon votre commune, sur huit heures par jour, et elles ne tombent pas forcément la nuit.

Certaines communes en placent une partie l’après-midi, ce qui change complètement le calcul si personne n’est au logement à ce moment-là. Vérifiez vos plages réelles avant de basculer, elles figurent sur votre facture.

Les usages qui se déplacent vraiment sont peu nombreux : le ballon d’eau chaude, qui se programme, le lave-linge et le lave-vaisselle, qui ont un départ différé, et la recharge d’un véhicule. Le reste suit votre vie, pas la grille tarifaire.

Quelle puissance de compteur choisir pour votre logement ?

La plus basse qui tienne vos appareils allumés en même temps. La puissance souscrite ne change presque pas le prix du kWh EDF, mais elle change l’abonnement, que vous payez tous les mois :

PuissanceAbonnement annuelProfil de logement
3 kVA144,52 eurosStudio sans chauffage électrique
6 kVA188,24 eurosAppartement courant, la puissance la plus répandue
9 kVA235,92 eurosMaison, chauffage électrique ou plaques et four
12 kVA281,47 eurosGrande maison, pompe à chaleur, borne de recharge
Abonnements TTC du tarif réglementé, grille du 1er février 2026. Source : CRE.

L’écart entre 6 et 9 kVA représente 47,68 euros par an, payés que vous en ayez besoin ou non. Une puissance surdimensionnée est de l’argent perdu tous les mois, sans aucune contrepartie.

Le bon réflexe est de regarder si votre disjoncteur a sauté au cours des deux dernières années. Si ce n’est jamais arrivé, vous pouvez probablement descendre d’un cran, et le changement se demande à votre fournisseur.

La puissance souscrite est inscrite sur votre facture, et le compteur communicant l’affiche également. L’opération de changement se fait à distance quand le compteur le permet, sans visite ni travaux.

Le raisonnement à tenir n’est pas la somme de tous vos appareils, mais ce qui peut fonctionner en même temps un soir d’hiver. Four, plaques, chauffage d’appoint et ballon d’eau chaude simultanés : c’est ce pic-là que la puissance doit couvrir.

Pour un bailleur, la question se pose au moment de remettre un logement en location. Un compteur laissé en 9 kVA sur un studio sans chauffage électrique fait payer au locataire suivant un abonnement qui ne lui sert à rien.

Qui paie l’électricité entre le bailleur et le locataire ?

Le locataire, pour son logement. Il souscrit son propre contrat, à son nom, dès l’état des lieux d’entrée, et paie directement son fournisseur pour ce qu’il consomme entre ses murs.

Le cas moins évident est celui des parties communes en copropriété. L’éclairage des couloirs, l’ascenseur et le local à vélos consomment aussi, et cette dépense passe par les charges de l’immeuble avant d’être appelée au locataire par le bailleur.

Le partage précis entre charges récupérables sur le locataire et charges qui restent au bailleur relève d’un cadre réglementaire qui évolue. Avant une régularisation contestée, faites confirmer le détail par votre syndic ou par un professionnel de la gestion.

Un point pratique évite la moitié des litiges d’entrée et de sortie. Relevez le compteur le jour de l’état des lieux, dans les deux sens, et gardez la photo : c’est la seule preuve opposable si une période contestée est facturée.

Attention enfin au logement dépourvu de compteur individuel, cas encore fréquent dans l’ancien divisé. Sans compteur propre, la consommation du locataire se déduit d’une clé de répartition, et c’est une source de contestation permanente.

En location meublée avec forfait de charges, la logique s’inverse et le risque change de camp. Le montant est fixé au bail et ne se régularise pas : si l’électricité augmente, c’est le bailleur qui absorbe l’écart. Sur un logement tout électrique, où la facture peut approcher 2 800 euros par an, un forfait mal calibré au départ coûte cher pendant toute la durée du bail.

Comment le prix du kWh pèse-t-il sur le DPE de votre logement ?

Il n’y pèse pas directement, et c’est une confusion utile à lever. Le diagnostic mesure une consommation d’énergie, exprimée en kWh par mètre carré et par an, pas le montant de votre facture.

Le lien existe pourtant, et il est direct. Ce qui fait grimper la facture, une mauvaise isolation et un chauffage électrique ancien, est exactement ce qui dégrade l’étiquette. Les deux mesurent le même défaut par deux bouts différents.

Un exemple rend la mécanique évidente. Deux appartements identiques, l’un chauffé au gaz et l’autre à l’électricité, n’auront ni la même facture ni la même étiquette, alors que leurs occupants ont exactement le même confort.

Ce qui se corrige n’est donc pas le tarif, sur lequel vous n’avez aucune prise, mais la quantité de kilowattheures nécessaires. C’est l’isolation qui commande, et elle agit sur la facture et sur l’étiquette en même temps.

Pour un bailleur, la conséquence dépasse le budget. C’est cette consommation qui fixe l’étiquette, et l’étiquette décide désormais si le bien reste louable : le calendrier est détaillé dans notre guide DPE en location.

Les tarifs cités sont ceux du tarif réglementé de vente en vigueur à la date indiquée, pour la France métropolitaine continentale. Ils sont révisés plusieurs fois par an et ne comprennent pas les offres de marché. Les budgets annuels donnés sont des ordres de grandeur : la consommation réelle dépend du logement, de son isolation et de ses occupants.

Questions fréquentes sur le prix du kWh

Le tarif réglementé change-t-il tous les ans ?

Il est révisé au moins deux fois par an. Vérifiez toujours la grille en vigueur avant de faire un calcul de budget.

Le prix du kWh est-il le même partout en France ?

Oui pour le tarif réglementé en métropole continentale. Les zones non interconnectées relèvent d’un régime particulier.

Que représente l’abonnement dans une facture ?

Une part fixe, payée même sans consommation. Sur un petit logement peu consommateur, elle peut peser plus de 20 % du total annuel.

Peut-on changer de fournisseur en cours de bail ?

Oui, le contrat est résiliable à tout moment et sans frais. Il suit l’occupant, pas le logement.

Qui doit ouvrir le compteur à l’entrée dans les lieux ?

Le locataire, qui souscrit son propre contrat à son nom, dès l’état des lieux d’entrée.

Nos sources

Grille et cas types proviennent du régulateur lui-même, consulté le 18 août 2026. Le dernier mouvement tarifaire remonte au 1er février 2026 : la prochaine révision rendra ces montants caducs.

Quentin, rédacteur immobilier et habitat

Quentin

Rédacteur immobilier et habitat

Passionné d’immobilier et d’habitat, je compare les acteurs du marché et je chiffre chaque scénario en euros pour vous dire franchement ce qui vaut le coup, du mandat de gestion au crédit.

Publié le 23 août 2026

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