Combien le gaz coûte-t-il vraiment dans votre logement ?

Le prix repère du gaz publié par la CRE s’établit à 172,05 euros TTC le MWh en septembre 2026, tous usages confondus. Concrètement, le kWh revient à 0,16757 euro en usage cuisson et à 0,13474 euro en usage chauffage, avec deux abonnements très différents. Le tarif réglementé n’existe plus depuis 2023 : ce prix est une référence, pas un tarif imposé.

Un prix au kWh ne veut rien dire tant que vous ne l’avez pas converti en euros par an pour votre logement. Entre un studio où le gaz sert à cuisiner et une maison chauffée au gaz, le budget passe du simple au sextuple.

On a repris la grille officielle de la CRE et la série de l’INSEE, puis on les a converties en budget annuel par type de logement. Avec, à la fin, la question que personne ne traite : qui paie quoi entre le bailleur et le locataire.

Prix du gaz et budget annuel d'un logement
Sommaire

Quel est le prix du gaz actuellement en France ?

Le prix repère de la CRE pour septembre 2026 est de 172,05 euros TTC le MWh, soit 0,17205 euro le kWh en moyenne tous consommateurs confondus. Mais cette moyenne ne correspond au tarif de personne, parce que le prix dépend de votre usage.

Voici la grille réelle, sur la zone desservie par GRDF :

UsageAbonnement annuel TTCPrix moyen TTC / kWhFourchette TTC / kWh
Cuisson et eau chaude152,46 euros0,167570,16290 à 0,17730
Chauffage360,79 euros0,134740,12511 à 0,15353
Grille du prix repère de vente du gaz pour septembre 2026, zone GRDF. Source : CRE. Le prix repère est recalculé chaque mois.

Deux choses sautent aux yeux. Le kWh de chauffage est 19,6 % moins cher que celui de la cuisson, mais son abonnement coûte 208 euros de plus par an. La logique est simple : plus vous consommez, plus la part fixe se dilue.

À quoi sert ce chiffre concrètement ? À contrôler votre propre contrat. Sortez votre dernière facture, repérez votre prix du gaz au kWh et votre abonnement, puis comparez-les à la ligne qui correspond à votre usage.

Si votre prix du gaz au kWh dépasse nettement la fourchette haute du tableau, votre offre est chère par rapport à la référence du mois. C’est le seul usage sérieux du prix repère, et il ne prend que deux minutes.

Prix repère de vente du gaz : la référence publiée chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie depuis la fin du tarif réglementé, le 30 juin 2023. Elle reflète ce que devrait coûter la fourniture, mais ne s’impose à aucun fournisseur.

Attention au piège qui parasite toutes les recherches sur le prix du gaz, parce que trois chiffres très différents circulent sous le même nom :

  • Le prix repère de la CRE, celui de cette page. Une référence publique, mensuelle, opposable à personne.
  • La grille d’un fournisseur, qui est son tarif commercial à lui. Certains la présentent comme « le prix du gaz en France », c’est inexact.
  • Le cours du gaz sur les marchés, qui intéresse les traders et n’a aucun rapport avec votre facture.

Que payez-vous exactement sur votre facture de gaz ?

Deux lignes, et seulement deux. Un abonnement, que vous payez même sans ouvrir le robinet, et une consommation facturée au kWh. Tout le reste n’est que la décomposition de ces deux montants.

Vient ensuite la confusion la plus fréquente, celle du compteur. Il relève des mètres cubes, votre facture parle de kilowattheures, et le fournisseur passe des uns aux autres avec un coefficient de conversion.

Ce coefficient n’est pas universel : il dépend de l’altitude de votre commune et de la qualité du gaz distribué chez vous. Cherchez-le sur votre propre facture, il y figure, et c’est le seul qui vaille pour convertir un prix du gaz au m3 en prix au kWh.

La mécanique est pourtant simple. Le compteur mesure un volume, mais ce que vous consommez réellement est une quantité d’énergie, et un même mètre cube ne contient pas exactement la même énergie partout en France.

D’où la règle à retenir si vous cherchez un prix du gaz au m3 : il n’en existe aucun de référence publié. Le prix du gaz au m3 se déduit de votre prix du gaz au kWh multiplié par votre coefficient, jamais l’inverse.

Autre malentendu tenace : GRDF ne vend pas de gaz. GRDF exploite le réseau de distribution et achemine les molécules jusqu’à votre compteur. Votre contrat et votre prix au kWh viennent d’un fournisseur, EDF, Engie ou un autre.

Derrière ces deux lignes, la CRE distingue trois blocs de coûts :

  • L’approvisionnement. Le coût de l’énergie achetée sur le marché de gros. C’est le bloc qui bouge le plus, et qui explique les variations mensuelles.
  • L’acheminement. Le transport, la distribution et le stockage. Ses tarifs sont révisés chaque 1er juillet, un rendez-vous annuel que vous pouvez anticiper.
  • Les taxes. L’accise sur le gaz naturel, la contribution tarifaire d’acheminement, puis la TVA qui s’applique par-dessus l’ensemble.

Deux repères chiffrés circulent de façon concordante chez les fournisseurs : l’accise sur le gaz naturel s’établit à 16,37 euros par MWh, et la TVA s’applique à 20 % sur toute la facture, abonnement compris, depuis août 2025. La hausse de l’acheminement du 1er juillet 2025 avait atteint 6,1 %.

Combien le gaz coûte-t-il par an dans un logement ?

C’est la seule question qui compte vraiment, et personne n’y répond. Un prix au kWh se convertit en budget dès qu’on connaît la consommation du logement et l’abonnement qui va avec.

Voici ce que donne la grille de septembre 2026 appliquée à trois situations courantes :

LogementUsage du gazConsommation indicativeBudget annuel
Studio ou T2Cuisson et eau chaude1 500 à 2 500 kWh404 à 571 euros
T3 ou T4Chauffage compris8 000 à 13 000 kWh1 439 à 2 112 euros
MaisonChauffage compris13 000 à 20 000 kWh2 112 à 3 056 euros
Budgets calculés avec la grille CRE de septembre 2026, zone GRDF, abonnement compris. Les consommations sont des fourchettes indicatives, pas des moyennes officielles : la vôtre dépend de l’isolation, de la surface et de vos habitudes.

L’écart entre la première et la dernière ligne dépasse 2 600 euros par an pour la même énergie. Ce n’est pas le prix du kWh qui le crée, c’est le volume consommé.

Deux leviers déplacent ce budget bien plus que le choix du fournisseur. Le premier est l’isolation, qui fixe le nombre de kWh nécessaires ; le second est la température de consigne, chaque degré en moins se voyant sur la facture.

Un troisième point échappe souvent aux locataires qui emménagent. Le budget d’un logement en chauffage au gaz se juge sur une année complète, pas sur un relevé d’été : les provisions mensuelles lissent une dépense très concentrée sur cinq mois d’hiver.

Le calcul : un T4 chauffé au gaz qui consomme 12 000 kWh par an paie 360,79 euros d’abonnement, plus 12 000 fois 0,13474 euro, soit 1 616,88 euros de consommation. Total 1 977,67 euros par an, environ 165 euros par mois lissés. Le même logement en cuisson seule paierait moins de 500 euros.

Le prix du gaz va-t-il continuer d’augmenter ?

Personne n’en sait rien, et je me garderai bien de vous l’annoncer. Ce que les publications de la CRE permettent de dire, c’est que les derniers mois ont été agités.

Le prix repère a monté en juillet, reculé de 0,8 % en août, puis bondi de 5,6 % en septembre 2026, de 162,89 à 172,05 euros TTC le MWh. Trois mois, trois directions.

Sur le long terme, le seul repère solide vient de la CRE citée par economie.gouv.fr : le tarif réglementé du gaz a augmenté de 63 % depuis le 1er janvier 2005. La pente est nette, mais elle ne dit rien du mois prochain.

Ce que cette évolution du prix du gaz apprend au lecteur tient en une phrase : sur trois mois consécutifs, la variation a été positive, négative, puis fortement positive. Aucune tendance ne se lit sur un trimestre.

Trois forces pèsent en permanence : le marché de gros, qui fait l’essentiel des à-coups mensuels ; l’acheminement, révisé chaque 1er juillet ; et la fiscalité, qui bouge au rythme des lois de finances.

Une page qui vous donne le tarif du mois prochain invente, tout simplement. Aucune prévision de prix de l’énergie ne tient, pas même celles des fournisseurs. Le réflexe qui protège vraiment votre budget est ailleurs : la CRE republie sa grille tous les mois, alors regardez la date affichée en haut de la page que vous consultez avant d’en recopier le moindre chiffre.

Est-il encore rentable de se chauffer au gaz ?

Ça dépend beaucoup moins du prix du gaz qu’on ne le croit. Comparer les énergies au seul kWh est le raccourci le plus trompeur du sujet, parce que trois facteurs décident ensemble.

  • Le prix de l’énergie. Il change chaque mois, dans les deux sens, et pour toutes les énergies à la fois.
  • Le rendement de l’équipement. Une chaudière de vingt ans peut perdre une grande part de ce que vous payez.
  • L’isolation du logement. C’est elle qui fixe le nombre de kWh dont vous avez besoin, donc la facture.

Un logement bien isolé avec une chaudière récente peut coûter moins cher en chauffage au gaz qu’un logement passoire avec une pompe à chaleur, alors même que le kWh d’électricité y serait mieux valorisé. L’équipement ne rattrape jamais un bâti qui fuit.

Vous remarquerez que je ne vous donne pas de tableau comparant le gaz à l’électricité ou au bois. Ce serait facile et malhonnête : ces prix ne se comparent qu’à la même date, et je n’ai pas de relevé officiel du même mois pour les autres énergies.

Ce que je peux dire, en revanche, c’est qu’à près de 2 000 euros par an pour un T4, l’équipement se rembourse en années, pas en décennies. Faites le rapport entre le devis d’une chaudière neuve et ce que vous économiseriez chaque hiver, aide MaPrimeRénov déduite.

Pour un bailleur, l’arbitrage se joue ailleurs encore. Le chauffage au gaz pèse sur l’étiquette énergie, et cette étiquette décide désormais si le bien reste louable : le sujet est détaillé dans notre article sur le DPE en location.

Qui paie le gaz entre le bailleur et le locataire ?

Le locataire, dans l’immense majorité des cas. Quand le logement a un chauffage individuel, c’est lui qui souscrit le contrat auprès du fournisseur de son choix, et il paie sa consommation directement.

Le cas intéressant est celui du chauffage collectif au gaz en copropriété. Là, c’est le syndic qui contracte pour tout l’immeuble, et la dépense se répartit entre les occupants par la voie des charges, avec une individualisation des frais de chauffage quand l’installation le permet.

Pour le bailleur, la conséquence est concrète : il avance ces charges, les appelle en provisions auprès de son locataire, puis régularise une fois par an sur les comptes réels de la copropriété. Cette régularisation annuelle est l’un des postes qu’une gestion locative prend en main pour lui.

Un réflexe évite la mauvaise surprise à la sortie. Relevez le compteur le jour de l’état des lieux, entrée comme sortie, et conservez la photo : c’est la seule preuve opposable si le fournisseur facture une période contestée.

Le partage précis de ce qui est récupérable sur le locataire relève d’un cadre réglementaire qui évolue. Avant toute régularisation contestée, faites-vous confirmer le détail par votre syndic ou par un professionnel de la gestion.

En location meublée avec forfait de charges, la logique s’inverse. Le montant est fixé au bail et ne se régularise pas : si le prix du gaz s’envole, c’est le bailleur qui absorbe l’écart, et s’il baisse, le locataire ne récupère rien. Un forfait mal calibré au départ se paie pendant toute la durée du bail.

Combien coûte une bouteille de gaz ?

Pour un logement non raccordé au réseau, l’INSEE publie une série mensuelle du prix de la bouteille de butane comprimé de 13 kilos, hors consigne. Les sept derniers mois publiés :

MoisEuros / bouteille 13 kg
Juillet 202644,57
Juin 202644,35
Mai 202644,13
Avril 202643,69
Mars 202643,46
Février 202643,21
Janvier 202642,90
Prix moyens mensuels de vente au détail en métropole, gaz butane comprimé 13 kg sans consigne. Source : INSEE, série 000442572, mise à jour du 14 août 2026.

La progression est lente mais continue : 3,9 % de janvier à juillet 2026, et 3,6 % sur douze mois glissants. Aucun à-coup comparable à ceux du gaz de réseau.

Ce rythme s’explique par la nature du produit. Le butane conditionné supporte des coûts de conditionnement et de distribution qui pèsent lourd dans son prix, ce qui amortit mécaniquement les secousses du marché de gros.

Une précision utile avant de comparer avec l’étiquette en magasin : cette série exclut la consigne de la bouteille, que vous payez une fois à la première acquisition et récupérez à la restitution.

Questions fréquentes sur le prix du gaz

Le tarif réglementé du gaz existe-t-il encore ?

Non, il a pris fin le 30 juin 2023. La CRE publie à la place un prix repère mensuel, qui sert de référence sans s’imposer aux fournisseurs.

Le prix repère change-t-il tous les mois ?

Oui, la CRE le publie chaque mois. Vérifiez toujours le mois en cours avant de faire un calcul de budget.

GRDF vend-il du gaz ?

Non. GRDF exploite le réseau de distribution. Votre contrat et votre prix au kWh viennent d’un fournisseur, EDF, Engie ou un autre.

Peut-on changer de fournisseur de gaz en cours de bail ?

Oui, le contrat est résiliable à tout moment et sans frais. Il suit l’occupant, pas le logement.

Pourquoi mon voisin ne paie-t-il pas le même prix du gaz ?

Parce que le prix dépend de son contrat, de son usage (cuisson seule ou chauffage) et de sa zone tarifaire de distribution.

Nos sources

Les valeurs de cet article ont été relevées à la source le 18 août 2026. Le prix repère est recalculé chaque mois et la série INSEE mise à jour mensuellement : vérifiez le mois en cours avant tout calcul.

Quentin, rédacteur immobilier et habitat

Quentin

Rédacteur immobilier et habitat

Passionné d’immobilier et d’habitat, je compare les acteurs du marché et je chiffre chaque scénario en euros pour vous dire franchement ce qui vaut le coup, du mandat de gestion au crédit.

Publié le 21 août 2026

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