DPE et location : vos obligations de bailleur et le calendrier 2026
Pour louer, le DPE est obligatoire, valable 10 ans et affiché dès l’annonce. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G est interdit à la location, le F suivra en 2028 et le E en 2034. Bonne nouvelle pour un bailleur en chauffage électrique : la réforme de 2026 a fait sortir près de 850 000 logements du statut de passoire, sans le moindre travaux.
Un locataire qui donne son préavis, un DPE qui affiche F, et ce calendrier d’interdiction qui se rapproche. La question tombe : puis-je encore louer, et pour combien de temps ?
On a repris la loi Climat et Résilience et les textes 2026, à jour, pour vous donner vos obligations de bailleur et un plan d’action clair.
Sommaire
- Le DPE est-il obligatoire pour louer un logement ?
- Quelle classe DPE ne peut plus être louée en 2026 ?
- Gel des loyers et complément de loyer : ce qui s’applique déjà
- Que risque un bailleur sans DPE ou avec un DPE erroné ?
- Votre bien est classé F ou G : que faire concrètement ?
- Comment obtenir un DPE fiable pour votre location ?
- Questions fréquentes sur le DPE et la location
Le DPE est-il obligatoire pour louer un logement ?
Oui, sans exception ou presque. Le bailleur commande le DPE avant la mise en location, l’affiche sur l’annonce et l’annexe au bail. Depuis juillet 2021, ce diagnostic est opposable : le locataire peut s’en prévaloir si les faits ne suivent pas. Un DPE location valide, c’est donc la première condition pour signer.
DDT (dossier de diagnostic technique) : l’ensemble des diagnostics annexés au bail, dont le DPE fait partie. Un DPE opposable engage la responsabilité du bailleur s’il se révèle erroné.
Concrètement, vos obligations de bailleur tiennent en quatre points :
- Faire réaliser le DPE par un diagnostiqueur certifié, à vos frais.
- Afficher la classe et l’étiquette énergie dès l’annonce.
- Annexer le DPE au bail, dans le dossier de diagnostic technique.
- Le transmettre à l’ADEME, ce dont le diagnostiqueur se charge.
Quelques cas échappent à l’obligation : les logements occupés moins de 4 mois par an, les bâtiments indépendants de moins de 50 m² ou les monuments historiques. Pour l’immense majorité des locations, le DPE reste incontournable.
Sur l’annonce elle-même, les deux étiquettes du DPE, la classe énergie et la classe climat, doivent apparaître, avec une estimation des dépenses annuelles d’énergie. Un DPE location absent ou incomplet sur l’annonce expose déjà à une sanction, avant même la signature du bail.
Un mot sur la validité. Un DPE vaut 10 ans, mais attention : les diagnostics réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 sont caducs depuis le 1er janvier 2025 (service-public, 2026). Si votre DPE date de cette période, il faut le refaire avant de relouer.
Quelle classe DPE ne peut plus être louée en 2026 ?
En 2026, c’est la classe G qui est interdite à la location, et elle seule pour l’instant. Le F suivra en 2028, le E en 2034.
Depuis le 1er janvier 2025, un logement G est considéré comme non décent : impossible de signer un nouveau bail, de le renouveler ou de le reconduire.
Passoire thermique : un logement classé F ou G au DPE, très énergivore. C’est cette catégorie que la loi Climat et Résilience sort progressivement du marché locatif.
Le calendrier métropole et outre-mer
Le calendrier de l’interdiction de location tient en trois échéances :
| Classe DPE | Interdite à la location depuis |
|---|---|
| G | 1er janvier 2025 |
| F | 1er janvier 2028 |
| E | 1er janvier 2034 |
Ce calendrier (loi Climat et Résilience du 22 août 2021) vise les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions. En outre-mer, il s’applique avec quelques années de décalage.
À ne pas confondre avec le seuil du logement indécent au-delà de 450 kWh/m² par an, en vigueur depuis 2023 : celui-ci frappe les pires passoires, quelle que soit leur classe.
Un point important : un logement interdit à la location n’est pas confisqué, les baux en cours se poursuivent. Mais impossible de le remettre sur le marché ou de renouveler le bail sans l’avoir sorti de sa classe.
Un locataire peut même exiger la mise en conformité, voire saisir le juge pour non-respect des règles du DPE location.
Ce qui change au 1er janvier 2026
Bonne nouvelle pour les logements chauffés à l’électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 dans le calcul du DPE, pour s’aligner sur la valeur européenne (economie.gouv.fr, 2026).
Résultat : près de 850 000 logements sortent du statut de passoire sans aucun travaux, un G pouvant remonter en F, un F en E.
Si votre bien est chauffé à l’électricité et classé F ou G, faites vérifier son classement avec la méthode 2026 avant d’engager des travaux. La mise à jour du DPE est possible, parfois gratuite, et elle peut suffire à le rendre louable. Ne lancez rien sans ce calcul. Ces règles sont à jour au mois de juillet 2026 et le calendrier reste susceptible d’évoluer.
Des assouplissements du calendrier sont régulièrement évoqués au Parlement, notamment la possibilité de relouer un F ou G contre un engagement de travaux. Mais aucun texte n’est voté à ce jour : tant que rien n’est publié, le calendrier ci-dessus reste la règle.
Pour un bailleur, la conséquence est directe : avant d’engager quoi que ce soit, la première question du DPE location est celle du chauffage. Un bien à l’électricité gagne peut-être une classe sans rien faire ; un bien au fioul ou au gaz, non. Le point de départ reste toujours un diagnostic à jour.
Gel des loyers et complément de loyer : ce qui s’applique déjà
Avant même d’être interdit, un logement F ou G est déjà sous contrainte. Depuis août 2022, son loyer ne peut plus augmenter : ni à la relocation, ni à l’indexation annuelle. Et en zone tendue, le complément de loyer est interdit pour ces classes.
Concrètement, si vous détenez un F ou un G, votre loyer est gelé. Vous ne pouvez ni l’indexer sur l’IRL, ni le relever en changeant de locataire, tant que le bien n’a pas gagné une classe. C’est une perte de revenu qui s’installe, en plus de l’échéance d’interdiction qui approche.
Un exemple parle mieux qu’une règle. Un studio classé F loué 550 euros ne pourra pas passer à 560 euros à la relocation, ni suivre l’indexation annuelle. Le loyer reste bloqué à 550 euros tant que le bien n’a pas gagné au moins une classe, et l’écart avec le marché se creuse d’année en année.
Le gel du loyer s’applique dès la classe F, pas seulement au G déjà interdit. Beaucoup de bailleurs l’ignorent et tentent une indexation : elle est illégale, et le locataire peut la contester et réclamer le trop-perçu. Vérifiez la classe de votre bien avant tout avenant au bail.
Que risque un bailleur sans DPE ou avec un DPE erroné ?
Les sanctions ne sont pas théoriques. Le DPE étant opposable, un locataire peut se retourner contre vous en cas d’écart manifeste entre la classe affichée et la réalité. S’y ajoutent des amendes pour une annonce trompeuse ou un diagnostic non conforme.
- Information fausse dans l’annonce : jusqu’à 3 000 euros pour un particulier, 15 000 euros pour une personne morale.
- Diagnostiqueur non certifié : 1 500 euros, et 3 000 euros en cas de récidive.
- Défaut de transmission à l’ADEME : une amende s’applique également.
- Dommages-intérêts : le locataire lésé peut en réclamer devant le juge.
Le point le plus sous-estimé, c’est l’opposabilité. Si le DPE location annonce une classe E et que le logement se révèle F, le locataire peut engager votre responsabilité, réclamer des travaux ou une réduction de loyer, factures de chauffage à l’appui. Un diagnostic trop optimiste se paie au prix fort.
Au-delà de l’amende, un DPE bâclé fragilise tout le bail. Le locataire peut demander une baisse de loyer ou la remise en état du logement. Mieux vaut un diagnostic solide dès le départ, quitte à choisir un diagnostiqueur un peu plus cher mais rigoureux.
Votre bien est classé F ou G : que faire concrètement ?
Rien n’est perdu. Un bien F ou G peut redevenir louable, parfois sans travaux grâce au nouveau calcul 2026, souvent via une rénovation ciblée. La démarche tient en cinq étapes, du diagnostic au bail révisé.
- Vérifiez le DPE. Est-il fiable, date-t-il d’après juillet 2021, et le nouveau coefficient électricité peut-il reclasser le bien sans travaux ? Une mise à jour gratuite est parfois possible.
- Identifiez les travaux à fort gain de classe. Isolation des murs et des combles, chauffage décarboné, ventilation : ce sont eux qui font sauter une ou deux classes.
- Financez avec les aides. MaPrimeRénov’, primes CEE, éco-PTZ et aides locales couvrent une bonne part du chantier, qu’on détaille à part.
- Refaites le DPE après travaux. Seul un nouveau diagnostic acte le gain de classe et vous rend le droit de louer et d’indexer.
- Révisez le bail. Une fois le bien sorti de la passoire, vous retrouvez la main sur le loyer.
Le calcul : un T3 classé F, 20 000 euros de travaux (isolation et pompe à chaleur), aides déduites un reste à charge autour de 10 000 euros. En face, un loyer gelé à 650 euros et un bien bientôt inlouable. Sur trois ans, la rénovation se rentabilise souvent mieux qu’une vente à la casse.
Un réflexe d’ordre pratique : lancez la vérification du DPE avant tout le reste. Avec le calcul 2026, un bien à l’électricité peut gagner une classe sur le papier, ce qui change l’ampleur des travaux à prévoir.
Refaire un diagnostic à 150 euros peut vous épargner un chantier mal calibré à plusieurs milliers d’euros.
Au-delà des aides travaux, tout un ensemble d’aides au logement existe pour les propriétaires comme pour les locataires. Pesez toujours le coût de la rénovation face à la perte de loyer et à la décote à la revente d’une passoire : le calcul penche souvent du côté des travaux.
Comment obtenir un DPE fiable pour votre location ?
Un DPE location ne vaut que s’il est fiable et opposable. Passez par un diagnostiqueur certifié, inscrit à l’annuaire officiel de l’ADEME, et vérifiez le numéro ADEME sans lequel le diagnostic n’a aucune valeur. Comptez de 100 à 250 euros.
- Choisissez un diagnostiqueur certifié via l’annuaire officiel de l’ADEME.
- Vérifiez sa certification et son assurance avant l’intervention.
- Contrôlez le numéro ADEME sur le DPE, obligatoire pour sa validité.
- Scannez le QR code de vérification, généralisé en 2026 pour confirmer l’authenticité du diagnostic.
Sur place, le diagnostiqueur relève la surface, l’isolation, le système de chauffage, la ventilation et la production d’eau chaude, puis applique la méthode de calcul réglementaire. Fournissez-lui les factures de travaux et les caractéristiques du logement : plus le relevé est précis, plus votre DPE location est juste et difficile à contester.
Le prix n’est pas réglementé : comptez de 100 à 250 euros selon la surface et la région, pour une intervention d’une à deux heures. Un dernier repère utile : l’audit énergétique, lui, est obligatoire à la vente d’un E, F ou G, pas à la location. Ne confondez pas les deux documents.
Questions fréquentes sur le DPE et la location
Un logement classé D peut-il encore être loué ?
Oui, aucune interdiction prévue pour le D à ce jour. Il resterait louable au-delà de 2034, mais mieux vaut anticiper.
Faut-il refaire le DPE en cours de bail ?
Non, tant qu’il est valide (10 ans). Un nouveau DPE s’impose après des travaux ou à son expiration.
Comment retrouver le DPE d’un logement ?
Via l’observatoire DPE de l’ADEME, en recherche par adresse, ou auprès du diagnostiqueur qui l’a réalisé.
Le DPE est-il obligatoire pour un meublé de tourisme ?
Les règles diffèrent pour les locations courtes, et le cadre s’est resserré récemment. À vérifier selon le type exact de location.
Qui paie le DPE, le bailleur ou le locataire ?
Le bailleur. C’est à lui de le fournir, à ses frais, avant la mise en location.
Nos sources
Le calendrier, les seuils et les sanctions cités s’appuient sur les sources officielles suivantes.
